20141022 LE PARISIEN mise en examen PBAprès Isabelle, Patrick Balkany mis en examen

Après s’être intéressés de très près à son épouse, puis à son bras droit, les juges parisiens resserrent leur étau autour du député-maire (UMP).

Patrick Balkany a beau se dire « tranquille », ses tracas judiciaires deviennent copieux. Le député-maire UMP de Levallois-Perret a été mis en examen, hier, pour « blanchiment de fraude fiscale », tout comme son épouse avant lui. Mais il est aussi soupçonné de « corruption » et « blanchiment de corruption ». Convoqué hier à Paris chez les juges financiers chargés de l’instruction, il a été interrogé pendant quatre heures.

Au tout début de leurs investigations, les magistrats se sont penchés sur le train de vie du couple de Levallois, sans commune mesure avec ses revenus. Comment Patrick et Isabelle Balkany peuvent-ils déclarer 136 000 € de revenus annuels et dépenser 195 000 € en frais de personnel ? Comment, avec leurs indemnités de député-maire et première adjointe, ont-ils pu s’offrir une luxueuse villa dans les Caraïbes et un riad somptueux à Marrakech ? Isabelle Balkany a fini par reconnaître qu’elle était la propriétaire de la maison à Saint-Martin, via une société du Lichtenstein abritant sa fortune. Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy, qui a déjà rédigé trois notes sur l’argent des Balkany, suspecte un montage financier complexe, via des sociétés écrans pour l’acquisition de la demeure marocaine.

Au fil de cette instruction sont apparus des flux financiers douteux vers l’étranger, laissant supposer cette fois de la corruption. Il y a ces marchés d’urbanisme gérés par la Semarelp, la société d’économie mixte par laquelle transitent les projets immobiliers de la ville. Au premier rang de ces marchés, le projet avorté des tours jumelles. Patrick Balkany avait convaincu un cheikh saoudien de mettre un milliard sur la table pour s’offrir les tours. Y aurait-il eu commissions occultes ?

Par ailleurs, un homme d’affaires belge a affirmé aux juges, le mois dernier, avoir versé une commission de 5 M$ (4 M€) à Patrick Balkany, intermédiaire dans l’acquisition d’une société de Namibie. La commission n’est pas illégale, mais l’argent se serait envolé à Singapour. Donc à l’insu du fisc français. Au cœur des différents volets du dossier se trouve toujours Jean-Pierre Aubry, le bras de Patrick Balkany, qui fut aussi dirigeant de la Semarelp. Lui aussi est en examen dans les volets fraude fiscale et corruption.

Si, à l’inverse de son épouse, Patrick Balkany n’a pas été placé en garde à vue, c’est parce qu’il est protégé par son immunité parlementaire. Un député ne peut faire l’objet d’aucune mesure de « privation de liberté » sans levée de l’immunité. Mais celle-ci ne protège pas de la mise en examen.

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