La taxe foncière a bondi de plus de 15% dans le département sur la période 2006-2011. Une étude de l’Union nationale de la propriété immobilière (Unpi) publiée hier* souligne l’importance de ce chiffre, l’inflation étant de 8,2% durant ces mêmes années. Les chiffres de l’Unpi pointent de fortes progressions de la taxe sur le foncier bâti (TFB) dans plusieurs communes, parmi lesquelles Levallois-Perret (+ 24,98%), Neuilly (+ 24,57%), Courbevoie (+ 24,39%), Malakoff (+ 24,30%) et Sceaux (+ 23,65%).

Dans les mairies, on se défend en soulignant que les impôts locaux dans les Hauts-de-Seine restent bien inférieurs à ceux votés dans d’autres départements. Un argument difficile à entendre pour les contribuables, le logement restant plus que jamais leur principal poste de dépenses. La TFB a certes crû à Neuilly ces cinq dernières années. Elle reste néanmoins à un niveau extrêmement faible (2,90% contre 15,51% en moyenne dans le 92).

« La hausse en valeur absolue n’est pas significative sur des taux aussi bas », justifie Jean-Christophe Fromantin, le député-maire (divers droite). A Levallois, la municipalité rappelle qu’elle n’a pas bougé la TFB depuis 2009. « Le maire a donné pour instruction de ne pas y toucher », insiste Isabelle Balkany, première adjointe (UMP). « La réforme de la taxe professionnelle a fait perdre une dynamique et nous avons touché aux taux en 2009 pour éviter un effet ciseau, car le coût de fonctionnement des services augmente d’année en année », précise-t-on dans l’entourage de Patrick Balkany. Depuis plusieurs années, les collectivités locales doivent faire face au désengagement de l’Etat dans bien des domaines (sécurité, voirie, éducation…).
« La dotation que nous recevons a chuté de 10% en trois ans, regrette Philippe Laurent, le maire (divers droite) de Sceaux. Nous n’avons plus que le foncier comme marge de manœuvre. »
Si, dans chaque mairie, on souligne les efforts de gestion entrepris, une diminution de la fiscalité directe semble bien improbable. Pour y parvenir, les municipalités devraient réduire, voire supprimer, des prestations délivrées à la population. « La loi ne nous oblige pas à nous occuper des personnes âgées ou d’avoir des crèches, argumente Philippe Laurent. Nous pouvons faire des économies en supprimant ces services. Les gens devront alors se débrouiller et se tourner vers le privé. » Comme bon nombre de ses collègues, l’élu appelle à une révision générale des politiques publiques. « Mais on ne nous répond pas », déplore-t-il.
 
* L’Unpi a calculé l’évolution globale de la TFB entre 2006 et 2011 en intégrant le taux départemental, la majoration légale des bases d’imposition ainsi que la diminution des frais de gestion de l’Etat.

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