Ceux qui exercent des responsabilités politiques ne doivent pas sous-estimer la dimension morale de leur action. Dans la perspective du bien commun qui est la seule finalité légitime de la politique, l’exercice de l’autorité doit se faire dans un esprit de service. Osons l’affirmer : il doit être question de valeurs et de vertus !

Peut-être à cause du discours répété des médias, ou de la simplicité des propos que l’on préfère tenir, ou encore en raison des mauvaises habitudes prises dans le microcosme levalloisien nous sommes nous habitués à cette antienne du « tous pourris » … La recherche de l’intérêt général dans un système démocratique impose l’exigence d’intégrité des dirigeants. Au milieu du XIXème siècle, la révolution de 1848 a été qualifiée de « révolution du dégoût » pour signifier la déconsidération des gouvernants en raison de leurs turpitudes morales et politiques. Et quand on connaît l’histoire politique de notre pays, on sait que ce type d’aversion peut revenir et emporter sans nuances un système politique. Les délits d’un petit nombre, avec les scandales qu’ils suscitent, génèrent rapidement la suspicion et la condamnation de l’ensemble de la classe politique. La corruption est donc une grave déformation du régime démocratique car elle nie les principes de justice sociale et mine la confiance des citoyens dans leurs représentants. Il s’agit d’une subversion à la fois morale et institutionnelle. A une époque caractérisée par la concentration des pouvoirs au niveau de l’exécutif, tant au niveau national qu’au niveau local, il est donc essentiel de s’interroger sur les qualités qui font un bon dirigeant.

Il ne s’agit pas de singer une « normalité » comme certains l’on revendiquée à rebours de leur propre comportement ! Mais simplement d’avoir les bonnes attitudes qui favorisent la pratique du pouvoir dans un esprit de service : écoute, respect, modestie. Il faut avoir une vision, être convaincu de la grandeur de sa mission et conjuguer ces qualités avec l’humilité qui crée la confiance. C’est ainsi que le bon dirigeant politique construit les conditions d’une juste autorité orientée vers le bien commun et d’une crédibilité durable à l’égard des citoyens.

Comme il est parfois difficile d’appréhender la sincérité du dirigeant et la réalité de ses vertus, il est normal d’exiger des règles qui permettent d’assurer une certaines transparence et de demander des comptes. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, dans son article 15, prévoit précisément que « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». Il n’est pas question ici de réclamer une idéologie de la transparence ; il ne s’agit que d’un moyen et non d’une fin en soi. Ces règles visent simplement à organiser le respect des contre-pouvoirs et donc celui de l’opposition. En refusant de répondre à nos questions, en esquivant le débat, en rejetant toute évaluation, le Maire se confine dans son arbitraire et refuse toute démocratie d’exercice, celle qui laisse un espace d’expression aux citoyens entre deux élections. Pourtant les propositions existent ; il suffit d’accepter d’en discuter.