Lettre ouverte à Patrick Balkany

Vous étiez présumé innocent. Et vous l’aviez d’ailleurs juré : « Je ne suis coupable de rien ! ». Et vous répétiez à qui voulait bien l’entendre : « Je ne sais pas de quoi vous parlez… ». Et il vous arrivait même de fanfaronner en sortant de chez le magistrat : « Je suis parfaitement serein. ». Ce temps est désormais révolu car, pour la première fois, vous avez avoué avoir détenu des comptes offshore. Face aux preuves qui se sont accumulées sur les bureaux des juges, vous avez aussi admis avoir possédé une villa aux Antilles acquise grâce à des fonds cachés en Suisse.

On peut appeler cela « des affaires », mais il convient de rappeler d’abord ce que sont les faits. Vous avez été mis en examen à cinq reprises pour : fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale, corruption passive, déclaration mensongère de patrimoine et prise illégale d’intérêt. Plusieurs de ces mises en examen sont même « aggravées » par le fait que vous auriez commis ces infractions de manière « habituelle » pour mieux dissimuler votre patrimoine. Certes, vous n’êtes pas encore condamné ; mais la présomption d’innocence n’exclut pas l’hypothèse de la culpabilité. Surtout quand après les aveux d’Isabelle Balkany à l’été 2014 succèdent les vôtres en octobre 2016. Le travail des magistrats se poursuit toujours : des commissions rogatoires internationales ont été lancées en Suisse, au Lichtenstein, au Maroc, à Singapour, en République dominicaine et au Panama. Au fond, il faut reconnaître que vous devez quand même craindre la justice pour chercher à vous en protéger ainsi. Et il y a aussi ces dérives dénoncées par la Chambre Régionales des Comptes, tant sur la gestion de la ville que sur celle de la Semarelp : opacité, abus dans les salaires versés à vos proches, bonnes affaires immobilières pour amis privilégiés… A la date où nous rédigeons cette lettre, le livre L’enquête Balkany n’est pas encore paru ; malheureusement, il viendra sans doute ajouter quelques chapitres à ce volumineux dossier.

En reprenant la plume dans le dernier journal municipal, vous déclarez renoncer à vous présenter aux élections législatives de juin 2017 en raison de la loi sur le non-cumul des mandats. C’est en oubliant de dire que votre précédente candidature à l’été 2016 avait suscité un tollé et que votre remplaçante désignée était en situation d’inéligibilité. François Fillon, alors candidat à la primaire avait annoncé que la décision d’investiture se ferait selon des « critères éthiques », vous laissant peu d’espoir pour vous ou ceux que vous avez soutenus.

Monsieur le Maire, vous êtes donc allé trop loin.
L’autorité morale nécessaire à l’exercice de vos mandats n’est plus qu’un souvenir. Votre attachement à notre ville de Levallois voudrait que vous en tiriez les conséquences. Vous êtes rattrapé par vos turpitudes ; alors soyez digne, prenez vos responsabilités, démissionnez !

Voici l’article du Journal du Dimanche faisant part des aveux de Patrick Balkany rédigé par Laurent Valdiguié auteur du Livre L’enquête Balkany
http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Les-derniers-aveux-de-Balkany-838105

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