Un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) doté de 87 lits dont une unité Alzheimer de 25 places. Pour ce projet ambitieux, la ville de Levallois a fait démolir l’école primaire Ferdinand-Buisson de la rue Rivay, bâtiment pourtant inscrit à l’inventaire général du patrimoine culturel de la ville. Une décision prise à l’unanimité par le conseil municipal en novembre 2011, convaincu de l’intérêt du projet, dans le contexte du plan Alzheimer lancé en février 2008 par l’ancien chef de l’Etat.

Mais cet Ephad ne verra jamais le jour. « Le conseil général a refusé d’être partenaire de cette opération et de subventionner la construction de l’établissement au motif qu’il y aurait suffisamment de places pour les personnes âgées dans les Hauts-de-Seine », déplore Sylvie Ramond, adjointe au maire déléguée au logement et conseillère générale. Sans le feu vert du département, qui va de pair avec une enveloppe de 350000 € pour la construction et 20 € par jour et par résidant alto-séquanais, impossible de créer un Ehpad. Si le terrain a bien été cédé par la ville pour 7,8 M€ à son aménageur, la Semarelp, désormais chargée de signer avec un opérateur, il ne pourra se construire qu’une résidence privée pour retraités.
De son côté, le conseil général refuse catégoriquement d’être désigné comme responsable de cette situation. « Il n’a jamais été question de subvention pour la simple et bonne raison que ce n’est pas de cette façon que les choses fonctionnent pour créer un Ehpad », explique le responsable du pôle solidarité de l’assemblée départementale. « Ce ne sont pas les villes, mais les départements ainsi que l’agence régionale de santé qui lancent les appels projets en fonction des besoins du territoire », ajoute-t-il. Et selon un récent rapport de l’ARS d’Ile-de-France, les Hauts-de-Seine dont déjà en surcapacité.
« La ville de Levallois a fait les choses à l’envers en affichant un objectif en dehors du cadre légal », estime le responsable, soulignant que la ville dispose déjà de deux établissements pour personnes âgées, dont la maison de retraite publique les Marronniers.
Des arguments qui font bondir Isabelle Balkany, première adjointe au maire UMP de Levallois. « C’est une gestion arithmétique et non humaine des choses. Avec cette façon de penser, on s’éloigne totalement de la réalité, estime l’élue. Le département dit vouloir se recentrer sur ses missions régaliennes mais dans les faits, il continue d’organiser de grandes expositions culturelles plutôt que de financer la création de maisons de retraite! » Pour l’élue, les besoins sont réels et les listes d’attente à Levallois sont toujours plus longues.
« La ville a voulu passer en force, estime pour sa part le conseiller général de Levallois-Sud Arnaud de Courson (DVD), qui a écrit au maire de la ville pour lui demander des explications. Sur des questions aussi sensibles que la maladie et la fin de vie, on ne peut pas vendre de l’espoir aux habitants. » Et l’élu de souligner que le conseil municipal n’aurait très probablement pas voté aussi facilement la destruction de l’école pour faire construire une simple résidence privée pour retraités.

Le Parisien