Les locataires du 4, rue Antonin-Raynaud qui le souhaitent pourront devenir propriétaires à la faveur d’un projet d’accession sociale dont les prix seront bien inférieurs à ceux du marché. L’opposition estime que la mairie aurait pu tirer meilleur profit de cette cession.

Le projet a été voté lors du dernier conseil municipal de Levallois-Perret, malgré les objections de l’opposition sur les modalités financières. D’ici quelques mois, les 86 appartements de l’immeuble de 14 étages, situé au 4, rue Antonin-Raynaud, avec vue imprenable sur le parc de la Planchette, seront mis en vente auprès des locataires. A des prix très inférieurs à ceux du marché, puisqu’il s’agit d’un projet d’accession sociale à la propriété.
Si l’opposition de droite s’interroge sur cette opération, c’est qu’elle était dans un premier temps inscrite au budget primitif 2018 au bénéfice de la commune pour un montant 30 M€. Mais lors du conseil municipal, c’est la vente du terrain à Levallois Habitat qui a été votée, soit 10,35 M€ pour la ville. Un « manque à gagner » de 20 M€ pour Arnaud de Courson (LR) qui a demandé des explications, en vain, au maire, Patrick Balkany (LR). « La priorité devrait être le désendettement », souligne Arnaud de Courson qui dénonce « un empressement » de la ville sur ce dossier et pointe « l’insincérité du budget ».
Les habitants qui ne pourront pas se porter acquéreurs resteront locataires
Les 30 M€ évoqués correspondent en réalité à ce que pourrait empocher la commune si elle vendait 100 % des appartements de l’immeuble (5 733 m²) au prix de 5 200 € le mètre carré, le montant estimé de l’accession sociale, soit 30 % de moins que le prix du marché. Sauf que la ville n’est pas réellement propriétaire des murs, seulement du terrain. A ce jour, c’est Levallois Habitat qui en est le propriétaire « temporaire », en vertu du bail à construire datant des années 1970. Selon les documents établis par les Domaines, la ville de Levallois ne redevenait propriétaire que fin novembre 2023.