par-2434176-jpg_2091361_480x209Municipales 2014 – Levallois : Courson, un Zorro contre Balkany

Le candidat divers droite Arnaud de Courson rêve de ravir la mairie à Patrick Balkany (UMP), après avoir battu son épouse Isabelle aux cantonales.

Par Ségolène de Larquier

« Vous êtes qui ? » Lancée à la volée dans une rue de Levallois-Perret, l’interrogation du député-maire Patrick Balkany a outré son rival divers droite Arnaud de Courson, en lice pour l’élection municipale. Cinq mois après, le conseiller général des Hauts-de-Seine ne décolère pas d’être ainsi méprisé : « Je suis juste le mec qui a battu sa femme Isabelle aux élections cantonales ! Non mais je rêve ! » Trois ans après, ce chef d’entreprise féru de rugby rêve de transformer l’essai en plaquant à terre Patrick Balkany lors des élections des 23 et 30 mars. « Nous allons gagner cette élection ! Moi, je suis dans le business, je ne suis pas un grand-père enfermé dans mon bureau« , lance Courson, 50 ans, cadet de 15 ans de Patrick Balkany. Et de poursuivre : « Balkany, c’est le mec du passé. C’est 36 15 Balkany.« 

« Balkany bashing »

Patron d’une société de chasseurs de têtes, père de trois filles, Arnaud de Courson n’en est pas à sa première campagne contre l’ami de Nicolas Sarkozy. Dès 1995, il brigue un premier mandat en rejoignant la campagne victorieuse d’Olivier de Chazeaux. Il restera adjoint au maire jusqu’à sa démission de la majorité municipale en 1999 après un gros différend sur la gestion des dépenses publiques. À force de l’avoir affronté sur la scène politique municipale, Courson manie bien le « Balkany bashing » devant les journalistes. Mais face aux Levalloisiens dont la majorité apprécie leur maire, pas question d’employer des noms d’oiseaux. Ni de rappeler que Patrick Balkany est la cible d’une information judiciaire et d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale ». Les habitants de Levallois savent bien qui sont les Balkany. Pas besoin d’en rajouter », rappelle un membre de l’équipe de campagne. Pour le challenger, il s’agit surtout de rassurer ces électeurs qui craignent que leur vie quotidienne pâtisse d’un changement de maire ou de l’explosion de la dette municipale. Il faut dire que les Levalloisiens sont gâtés : service petite enfance en or, piscine municipale avec Jacuzzi, voyage à l’étranger, soirée dans le domaine de Chantilly pour le troisième âge… Les époux Balkany sont aux petits soins pour leurs habitants depuis qu’ils ont pris la ville aux communistes en 1983.

« Père la morale »

En ce matin pluvieux, au marché des Halles, entre les étals de fruits et de légumes, une petite dame aux cheveux argentés s’inquiète : « Vous savez, monsieur Balkany fait beaucoup de bonnes choses pour les retraités ! » Et Courson de promettre : « On ne changera rien en qualité de services, madame, ne vous inquiétez pas ! Mais il faut redonner de la moralité à la politique. » À quelques mètres de là, au stand du fromager, une retraitée abonde dans ce sens : « C’est vrai qu’à cause de Balkany, l’image de notre ville est déplorable ! Il faut que ça change ! » Manteau bleu et écharpe du club de rugby du Racing Métro autour du cou, Courson se campe en « père la morale » de la vie publique. Son programme ne sera dévoilé que le 6 mars, mais il promet déjà qu’il n’occupera l’hôtel de ville que pour deux mandats maximum et assure : « Avec moi, les finances de la ville seront assainies, le logement social ne sera plus un service électoral et les projets immobiliers seront réduits. » À celui qui se pose surtout en avocat de la moralité publique, un observateur local rappelle cette phrase prononcée par Olivier de Chazeaux (maire de Levallois de 1995 à 2001) après sa défaite face à Patrick Balkany en 2001 : « Le Levalloisien n’aime pas le raisonnable. Il lui faut, comment dire, de l’impressionnant.« 

« Balkany ? Un bon maire »

Invoquer la morale publique, est-ce suffisant pour déboulonner Patrick Balkany ? Rien n’est moins sûr ! « On peut avoir des déboires judiciaires et être un bon maire », nous glisse un libraire levalloisien. L’actuel leader de l’opposition divers droite au conseil municipal, Loïc Leprince-Ringuet le formule différemment : « Les électeurs se disent : Les hommes politiques sont tous pourris, alors lui ou un autre, c’est pareil ! » Leprince-Ringuet enfonce le clou : « La campagne est atone sur le débat d’idées. Courson se contente de Balkany bashing, il n’a pas de vision d’avenir et manque de propositions. » La tête de liste PS Anne-Eugénie Faure note également que la campagne de Courson « a du mal à prendre ». « Il manque de charisme et n’a pas encore présenté un projet en mesure de prendre des voix au maire sortant« , lâche-t-elle.

Fanfaron

Joint par Le Point.fr, le bateleur Patrick Balkany, qui aime toujours autant serrer les mains et embrasser les jolies femmes sur les marchés, ne tremble pas. « Mes adversaires ne sont pas à la hauteur. Il n’y a même pas de combat« , fanfaronne-t-il. Et de lancer, agressif : « J’en ai marre que l’on me tape dessus ! Je vous ferai une grande déclaration au soir du premier tour, lorsque je serai réélu ! » En privé, plusieurs élus des Hauts-de-Seine font part du manque de sérénité du maire sortant, qui s’est d’ailleurs emporté contre des journalistes de BFM TV fin janvier. « Balkany est sur les dents, mais il devrait être réélu », confie au Point.fr l’un d’entre eux. La réélection de Patrick Balkany pour la troisième fois consécutive prouverait que ce dernier est bel et bien indestructible. « Si je perds, cela prouvera que le service rendu à la population l’aura emporté sur la moralité en politique« , soupire Courson.

Retrouvez l’article sur le site du Point.fr : http://www.lepoint.fr/municipales-2014/municipales-2014-levallois-courson-un-zorro-contre-balkany-17-02-2014-1792390_1966.php

 

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