Le commerce de centre ville est en difficulté, ce point est repris par un article du Parisien du 12 avril 2013

L’ouverture du centre commercial So Ouest porte d’Asnières, voilà six mois, fait souffrir les enseignes de prêt-à-porter du centre-ville.

par Anne-Sophie Damecour | Publié le 12.04.2013,

 Levallois, centre-ville, mars 2013. Les professionnels évoquent une vingtaine de liquidations ou de ventes de fonds de commerce depuis l’ouverture de So Ouest. Mais, pour la municipalité, c’est le secteur en général qui est touché par cette crise.

Levallois, centre-ville, mars 2013. Les professionnels évoquent une vingtaine de liquidations ou de ventes de fonds de commerce depuis l’ouverture de So Ouest. Mais, pour la municipalité, c’est le secteur en général qui est touché par cette crise.

«Fermeture définitive », « Tout doit disparaître », « A vendre ». Dans le centre-ville de Levallois, une partie des commerçants ont le moral en berne. Six mois après l’ouverture de So Ouest, vers la porte d’Asnières, les professionnels évoquent une vingtaine de liquidations ou de ventes de fonds de commerce.
Essentiellement dans le secteur du prêt-à-porter. « Les trois premiers mois, le quartier, d’habitude très animé à l’heure du déjeuner, était vide, explique Sylvine, dans sa petite boutique de vêtements située rue Henri-Barbusse. Après l’effet de curiosité, les clients reviennent peu à peu. Mais le mal est fait : notre chiffre d’affaires a considérablement baissé. »
Ce sont surtout les indépendants qui souffrent de cette nouvelle concurrence. Car chez Sandro et Gérard Darel, par exemple, les responsables assurent dans un large sourire que « tout va bien » et que la centaine de boutiques du centre commercial attire même de nouvelles clientes à Levallois.

« Nous n’avons pas les mêmes moyens que ces grandes marques. Même si leur chiffre d’affaires baisse, elles peuvent résister sur le long terme », ajoute sous couvert d’anonymat un autre commerçant, qui voit défiler tous les samedis des clientes avec des sacs Zara et H&M, en provenance directe de So Ouest. « C’est un deal perdant-perdant, lâche un autre, qui a dû fermer l’une de ses trois boutiques de prêt-à-porter féminin. Les clients viennent moins en centre-ville, mais ils ne sont pas non plus assez nombreux pour faire vivre un centre commercial aussi grand. »

Pourtant, selon Unibail, propriétaire de So Ouest, seulement 8% des actuels visiteurs du centre faisaient avant leurs courses dans Levallois. « Le centre attirant en moyenne 1 million de visiteurs chaque mois, cela représente tout de même près de 80000 personnes en moins en centre-ville. C’est colossal, déplore Arnaud de Courson, conseiller général (divers droite) de Levallois. Il faut aujourd’hui créer un cheminement entre So Ouest et les commerces du centre-ville, pour inciter les clients de l’un à fréquenter les seconds. »

Pour Isabelle Balkany, première adjointe au maire (UMP) de Levallois, le problème est ailleurs. « Entre la crise et la météo, c’est le commerce en général qui est impacté, avance l’élue. Les enseignes qui souffrent aujourd’hui sont les plus fragiles. Elles auraient été confrontées aux mêmes problématiques sans l’arrivée de So Ouest. »

Pour relancer l’activité, la ville et la chambre de commerce des Hauts-de-Seine réfléchissent désormais à la création d’une conciergerie pour particuliers via une plate-forme d’e-commerce. Le but : répondre aux exigences des habitants en faisant travailler les commerces de proximité. Ces derniers doivent actuellement répondre à un formulaire dans lequel figure une question sur les changements opérés récemment dans leur environnement direct. Nul doute que l’ouverture de So Ouest fera partie de leurs réponses.

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